Les Rencontres Littéraires
La littérature est une merveilleuse invitation au voyage, une douce escapade hors du quotidien, au fil des mots et des pages.
Lire, c’est aussi une ouverture à l’analyse humaine et sociétale, une invitation à la réflexion dont on sort tantôt émerveillé, tantôt interloqué, souvent grandi.
Dans le cadre de notre atelier Rencontres littéraires, chacune des rencontres est consacrée à un livre, lu par tous les participants au préalable.
L’occasion alors d’échanger en toute convivialité, de livrer ses impressions et ses réflexions sur l’expérience littéraire du mois.
Sept jeudis par an, d’octobre à juin (la date de la séance de juin sera communiquée ultérieurement).
Intéressé(e)? N’hésitez pas à nous contacter pour vous inscrire!
Animatrice: Dominique Quetin
Liste des livres et rendez-vous:
Jeudi 8 octobre 2026 – Emile Zola : son intimité et un de ses romans
Madame Zola de Evelyne Bloch-Dano nous raconte une vie d’Alexandrine-Gabrielle Meley (1839/1925) qui aurait pu être écrite par Emile Zola.
Née dans le Paris des petits métiers, cette grisette sans le sou canotte sur les bords de seine et pose pour les impressionnistes. Un jour, elle rencontre un Aixois travailleur. Ce sera l’unique passion de sa vie. Le couple qu’Alexandrine forme avec Emile Zola va symboliser le succès bourgeois du second Empire.
Dans leur propriété de Médan, l’ancienne cousette reçoit l’élite de l’art, de Flaubert à Maupassant. Vive, altière, généreuse, Alexandrine ne cesse jamais de se battre. Elle est à la fois forte et fragile, matrone et moderne, mère et fille.
Cette biographie de Madame Zola, entraînante et précise, riche de correspondances inédites, traverse différentes époques : de l’affaire Dreyfus à la Grande Guerre, de la locomotive à vapeur aux années folles. On y voit l’intimité d’un écrivain.
Alexandrine fut, sous les traits de l’éternelle épouse, une femme libre.
Thérèse Raquin de Emile Zola est le 4e roman de l’écrivain, publié en 1867. Ce roman présente déjà les caractéristiques du naturalisme développé plus tard dans le cycle des Rougon-Macquart.
Avec Camille, son époux, Thérèse mène une vie rythmée par les parties de dominos aux côtés de petit-bourgeois satisfaits. Assoiffée de vie, elle est astreinte à la charge de garde-malade d’un mari souffreteux. Laurent, l’amant qu’elle choisit pour meubler son quotidien, ne suffit pourtant pas à satisfaire la fougueuse Thérèse. Entravée par les corps débiles et les esprits boiteux qui l’entourent, cette grande vivante réalise que pour survivre elle devra tuer. Dès lors, elle décide avec Laurent l’assassinat de son mari. La vie de Camille était une longue agonie : sa mort la prolonge. À rebours d’une existence insignifiante, le spectre du mari envahit l’esprit des deux amants, et son cadavre s’immisce jusque dans leurs ébats. À la croisée d’un roman policier et d’une histoire de fantômes, Zola dresse le portrait glaçant d’un monstrueux ménage à trois.
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Jeudi 5 novembre 2026 – Une ode aux liens familiaux
Madelaine avant l’aube de Sandrine Collette nous raconte une histoire qui se passe dans un endroit à l’abri du temps. Ce minuscule hameau, qu’on appelle Les Montées, est un pays à lui seul pour les jumelles Ambre et Aelis, et la vieille Rose.
Ici, l’existence n’a jamais été douce. Les familles travaillent une terre avare qui appartient à d’autres, endurent en serrant les dents l’injustice. Mais c’est ainsi depuis toujours.
Jusqu’au jour où surgit Madelaine. Une fillette affamée et sauvage, sortie des forêts. Adoptée par Les Montées, Madelaine les ravit, passionnée, courageuse, si vivante. Pourtant, il reste dans ses yeux cette petite flamme pas tout à fait droite. Une petite flamme qui fera un jour brûler le monde.
Dans ce roman, l’auteure questionne l’ordre des choses, sonde l’instinct de révolte, et nous offre, servie par une écriture éblouissante, une ode aux liens familiaux.
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Jeudi 10 décembre 2026 – Romans policiers : de belles analyses psychologiques
La fille du train de l’écrivaine britannique Paula Hawkins.
Entre la banlieue où elle habite et Londres, Rachel prend le train deux fois par jour : à 8 h 04 le matin, à 17 h 56 le soir. Et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants, qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait. Heureux, comme Rachel et son mari ont pu l’être par le passé, avant qu’il la trompe, avant qu’il ne la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit Jess dans son jardin avec un autre homme que Jason. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ?
Bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, Rachel décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…
Je sais pas de l’autrice belge Barbara Abel.
C’est le grand jour de la sortie en forêt de l’école maternelle des Pinsons : un avant-goût de vacances. Tout se déroule pour le mieux jusqu’au moment du retour, quand une enfant manque à l’appel. Emma, cinq ans, a disparu. C’est l’affolement général.
Que s’est-il passé dans la forêt ? A cinq ans, on est innocent.
Pourtant, ne dit-on pas qu’une figure d’ange peut cacher un cœur de démon ?
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Jeudi 11 mars 2027 – Un parcours dans la littérature russe
Un parcours, chronologique et thématique, pour embrasser les différents courants de la littérature russe, avec 3 piliers.
La poésie lyrique : le romantisme et les vers.
Eugène Oneguine d’Alexandre Pouchkine, roman célèbre de la littérature russe qui a produit un chef-d’œuvre de l’opéra, était d’abord un poème, en strophes rimées. L’auteur y a mis sa vie – et sa mort.
L’héroïne, Tatiana, tombe amoureuse d’un héros byronien, qui tue en duel le fiancé de la sœur de celle-ci. Les années passent, Onéguine revient, découvre qu’il aime passionnément Tatiana, maintenant mariée, elle l’aime aussi, que choisira-t-elle ? « Et le bonheur était si proche, si possible » chante Pouchkine. Un jeune homme qui s’ennuie, la plus touchante des jeunes filles, un poète de dix-sept ans, un vieux mari, des créatures de rêve. C’est le roman des rencontres manquées, des amours perdues, des remords sanglants.
Les nouvelles : le réalisme psychologique et les tréfonds de l’âme.
Dans Recueil de nouvelles, Fiodor Dostoïevski, maître incontesté de la littérature russe, vous invite à un voyage intérieur fascinant, où chaque page révèle une vérité profonde sur la condition humaine. Avec un style à la fois accessible et profondément philosophique, Dostoïevski parvient à capturer l’essence même de l’existence humaine. Ces lectures courtes sont profondément marquantes.
Cinq récits puissants proposent une immersion dans les pensées, les émotions et les contradictions de l’être humain : Les Nuits blanches – la beauté poignante d’un amour éphémère, suspendu entre rêve et réalité, Le Moujik Marey – une réflexion bouleversante sur la mémoire, la compassion et la dignité humaine, Krotkaïa – un drame psychologique intense, révélant les conséquences du silence et de l’orgueil dans une relation, La Centenaire et L’Arbre de Noël – des visions marquantes sur la société, l’innocence et les inégalités.
Le théâtre : la mélancolie et le renouveau.
La Cerisaie, comédie en 4 actes de Anton Pavlovitch Tchekhov qui est le plus joué, le plus aimé, le plus célèbre des incompris des auteurs russes, est la pièce de tous les malentendus entre l’auteur et ses admirateurs. Comédie, pour Tchékhov. Tragédie pour Stanislavski et tous les metteurs en scène qui lui ont succédé. Inaccessible aux Français, pense aussi Tchékhov, qui écrit à Olga Knipper : » Ma douce, mon petit cheval, à quoi bon traduire ma pièce en français ? C’est grotesque ! Les Français ne comprendront ni Lopakhine ni la vente de la propriété et ne feront que s’ennuyer. Il ne faut pas le faire, ma douce. C’est inutile. »
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Jeudi 8 avril 2027 – Une belle fresque romanesque
Un monde à refaire de Claire Deya nous emmène en France à la fin de la guerre.
Hyères, 1945. C’est presque l’été, presque la paix. Après cinq années de conflit, tous n’aspirent qu’à revivre, libres. Et pourtant, sur les rives de la Méditerranée, des millions de mines laissées par les Allemands menacent d’exploser. Qui s’en souvient ? Comment trouver sa place dans ce monde que l’on ne reconnaît plus, lorsqu’on revient des camps, comme Saskia, ou du maquis, comme Fabien ? Quand on recherche au milieu du chaos, comme Vincent, la femme qu’on aime d’un amour fou, incandescent, et qui a disparu ? Pour saisir l’infime chance de retrouver Ariane, Vincent est prêt à tout, jusqu’à s’engager dans l’enfer d’une équipe de démineurs. Entre Hyères et Saint-Tropez, des résistants, des aventuriers travaillent sous haute tension avec des prisonniers allemands à nettoyer les plages des engins de mort qui piègent la riviera. C’est presque l’été, presque la paix : certains reprennent leur souffle, d’autres risquent leur peau. Sans autre choix que de réinventer leur vie. Un portrait saisissant d’une période paradoxale et méconnue, pleine de douleur, d’espérance et de secrets indicibles.
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Jeudi 13 mai 2027 – Un livre/un film
A pied d’œuvre de Franck Courtes est l’histoire vraie d’un photographe à succès qui abandonne tout pour se consacrer à l’écriture, et découvre la pauvreté.
« Entre mon métier d’écrivain et celui de manœuvre, je ne suis socialement plus rien de précis. Je suis à la misère ce que cinq heures du soir en hiver sont à l’obscurité : il fait noir mais ce n’est pas encore la nuit. «
Récit radical où se mêlent lucidité et autodérision, À pied d’œuvre est le livre d’un homme prêt à payer sa liberté au prix fort.
Valérie Donzelli a réalisé le film A pied d’œuvre, adaptation de la biographie éponyme de Franck Courtès, considéré comme l’un des meilleurs livres de la rentrée littéraire en 2023.
Le film sorti en 2025 a été sélectionné en compétition officielle de la Mostra de Venise 2025 et a remporté le prix du meilleur scénario.
La performance de Bastien Bouillon dans le rôle principal récolte des avis extrêmement positifs et enthousiastes de la part des critiques de cinéma et des spectateurs.